Historique

Basé en Grande Bretagne, l’Ordre des Bardes, Ovates et Druides compte vraisemblablement quelque trente mille membres aujourd’hui de par le monde, sur les cinq continents. L’Ordre, issu du Most Ancient Order of Druids, fondé par John Toland et proclamé publiquement sur Primrose Hill (Londres) à l’équinoxe d’automne, 1717, a été formé en 1964 à la mort du Chef élu, Robert MacGregor-Reid, par Philip Ross Nichols, connu au sein de l’Ordre sous le nom de Nuinn.

Nuinn fut un homme d’exception, aux talents multiples. Érudit, enseignant, et visionnaire, il comptait à son actif des oeuvres poétiques de grande qualité; (plusieurs recueils publiés – voir Poet Priest and King, édité par l’Ordre, pour une sélection de ses poèmes), ainsi que de nombreux textes à caractère didactique. S’il prit la décision de former l’Ordre, c’est notamment qu’il était convaincu que le Druidisme avait la vocation de se développer à l’époque actuelle.

L’Air du temps était en effet propice à l’émergence de nouvelles formes de spiritualité, dont la Wicca de Gerald Gardner, avec qui Nuinn était lié d’amitié. Mais pour que cet avenir auquel il était promis puisse se réaliser, le Druidisme devait d’abord se libérer d’un certain carcan : une image et des pratiques d’un autre âge acquises durant les siècles précédents, avant de pouvoir répondre à l’attente des hommes et des femmes du 20ème siècle. Justement, Nuinn était persuadé que les femmes devaient, dans le nouvel Ordre, être aussi nombreuses que les hommes et bénéficier des mêmes possibilités d’accéder aux responsabilités – donc, une mixité, sans discrimination aucune. Nuinn était surtout très attaché à la Nature, au concept d’une vie en symbiose avec et respectueuse d’Elle. Il s’appliqua à faire sortir le Druidisme des salons, des salles de conférence, des manifestations mondaines, pour le camper dans les bois, les landes, les champs et sur les collines. Fini donc le Druidisme des bien-pensants et des vieux barbons ! Mais Nuinn croyait aussi, fermement, au potentiel des sciences et des techniques du futur, sinon pour assurer le bonheur de l’humanité, du moins pour lui en donner les moyens, pourvu qu’il s’y emploie. Pour lui, cette utopie était un rêve tenace, qu’il vit là, tout proche, à la portée de nos sociétés post-modernes.

Mort subitement en 1975 de crise cardiaque, il n’avait pas encore, semble-t-il, envisagé sa succession, bien qu’autour de lui se soit formé un noyau de fidèles et qu’il ait touché la vie d’un grand nombre de gens, dont des jeunes notamment, en raison de sa carrière dans l’enseignement. Cependant, personne d’emblée ne s’est senti en mesure de le remplacer. Treize ans durant, l’Ordre a vécu sous la responsabilité provisoire de John Brant, un peu en “autogestion” pourrait-on dire, jusqu’en 1988.

C’est en cette année que Philip Carr-Gomm, l’actuel Chef élu de l’Ordre, s’est laissé convaincre de se charger de cette fonction. Psychologue de formation et de profession, Philip s’est fixé comme objectif non seulement de poursuivre l’oeuvre entreprise par Nuinn et de classer et conserver le corpus d’enseignements et de matière littéraire de celui-ci (dont les textes étaient venus souvent se nicher dans des endroits insoupçonnés), mais aussi d’assurer le rayonnement dans le monde d’un Druidisme pour l’avenir qui se veut résolument dynamique et proactif. C’est dans ce but notamment qu’il a conçu et mis en place un système de formation druidique réparti en trois niveaux, soit Barde, Ovate, et Druide, et qui repose sur des cours par correspondance et un encadrement par des tuteurs. Ces cours se destinent a priori à un public très ouvert, sous simple condition d’aimer et de respecter la Terre. Le Druidisme y est présenté non pas comme une religion, mais comme simple spiritualité ou philosophie. Aussi admet-on la possibilité de cumuler les pratiques druidiques de l’OBOD avec des religions diverses, polythéistes, mais aussi monothéistes. On se rend compte donc que ‘Ordre sert à former aussi bien des “druidisants” que des personnes envisageant de s’engager intensément dans le Druidisme, d’en faire leur religion, voir d’y œuvrer officiellement. Certains jugeraient que le Druidisme véhiculé par l’OBOD possède les défauts de ses qualités, qu’il n’est pas assez exigeant, qu’il évite la sélection, qu’on a du mal à définir sa place exacte sur l’échiquier. A moins que le tri ne se fasse tout naturellement, au fur et à mesure, en somme, sans dire son nom ?

A l’appui de l’action de l’Ordre, Philip Carr-Gomm est, à titre d’auteur ou d’éditeur, à l’origine d’un nombre assez important de livres, ainsi que d’outils supports d’enseignement, de divination, ou de méditation. Pour de plus amples informations à cet égard et plus généralement, veuillez consulter le site web de l’Ordre :

 

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Order of Bardes, Ovates and Druids